vendredi 17 février 2017

L'Eté Diabolik de Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse

Prix : 21.00€
Format : 21 x 28
Nombre de pages : 108
Genre : Polar
Edition : Dargaud
Numérique : Non
















Résumé : Un agent secret sorti de nulle part, un accident dramatique, une fille troublante et la disparition de son père, le tout en deux jours... Pour Antoine, 15 ans, l'été 1967 sera celui de toutes les découvertes. Après Souvenirs de l'empire de l'Atome, les auteurs proposent un nouveau cocktail détonant et jouissif: un scénario particulièrement haletant, entre espionnage et littérature, passé au mixeur graphique de Clérisse qui, cette fois, mélange les références des fumetti à David Hockney.
Espionnage, policier, années 1960, relations père-fils... Un cocktail détonnant !

Un père disparu, une américaine mystérieuse, 
un roman pour retracer un été. 
Antoine n'a qu'un objectif : savoir la vérité.

Cette bande dessinée fut pour moi un emprunt parfaitement impulsif, influencé par les prix décernés à Angoulême il y a peu. La couverture me plaisait beaucoup, le titre également. Je n'ai même pas pris la peine de lire le résumé avant de l'emprunter. Une confiance aveugle en un prix, qui l'eut cru venant de moi. Et pourtant, je n'aurais pas pensé être autant prise dans l'histoire !

Remettons cette dernière dans son contexte : Antoine est un jeune garçon de 15 ans, qui passe un été tout à fait ordinaire en 1967. Une suite d'événements va rendre cet été tout sauf ordinaire. Alors qu'il dispute un match de tennis, le père de son adversaire s'en prend à son propre père. Ensuite, alors qu'Antoine et son père profitent du prix que le garçon a obtenu en gagnant le match, un certain De Noé va tomber par hasard sur eux. Il est un peu étrange, cependant le père et le fils vont aller chez les De Noé. Antoine fera la connaissance de Joan, une jeune américaine de 19 ans qui garde la maison de leur hôte pendant l'année. Mais, à partir de ce jour, le père d'Antoine va devenir très étrange, distant, et dissimuler des choses à son fils.

Je dois dire que j'ai été très agréablement surprise, tout d'abord par le dessin. Il est en une espèce d'aquarelle, qui donne une dimension très vaporeuse et mystique à l'été 1967 que nous voyons comme un flash back. Chaque ambiance à sa couleur : la journée, nous avons des tons chauds et des couleurs claires, les personnages sont parfaitement visible, alors que la nuit, nous avons des teintes obscures, qui invitent à l'intimité et à la confidence des personnages. C'est comme si nous nous immiscions dans des événements que nous ne devrions pas voir. Des petites souris observant de loin les choses que les humains cachent à la faveur de l'obscurité. 

Une ambiance que j'ai beaucoup appréciée était celle avec Joan, qui était bien plus mystique et délicate qu'avec n'importe quel personnage.

En plus de dessins très stylisés et beaux, le scénario est très recherché et sait surprendre sans tomber dans le cliché agaçant des polars. Si vous n'aviez pas encore vu, c'est en effet un polar. Nous allons suivre dans une première partie l'été 1967 d'Antoine en commençant par sa rencontre avec Erik, l'adversaire du jeune homme au match de tennis. Lors de cet été, il va également faire la connaissance de Joan, la belle et troublante américaine qui invite au voyage des sens, et qui séduira le jeune garçon. Il retrouvera aussi, au hasard de ses balades avec Erik, Michelle, son amour de jeunesse. Evidemment, les personnages centraux sont Antoine et son père. Mais au fur et à mesure des pages nous découvrons, grâce à la seconde partie, tous les liens qui unissent ces personnages si différents. Je dois dire que, même si j'avais parfaitement deviné une chose, le reste m'a vraiment prise par surprise ! Le mystère autour de la disparition du père d'Antoine est juste bluffante ! C'est sans doute une histoire un peu bateau, sans doute facile, et pourtant je n'ai rien vu venir. Et ce pour ma plus grande joie !

Cette bande dessinée mérite largement les prix qui lui on été décernés, dont le dernier est le fauve polar SNCF 2017 d'Angoulême. Sans ma formation en métiers du livre, je serais sans doute passée à côté. Et sans l'application des bibliothécaires de la BU à avoir les titres les plus prisés, je ne l'aurais vraiment pas découvert ! Je vous invite vraiment à le lire, simplement pour le plaisir, pour vous vider la tête, ou tout simplement pour vous immerger dans ce dessin si particulier.

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